Ne dupez pas vos lecteurs

C'est le lecteur qui fera le choix de déterminer si oui ou non votre message ressemble à un spam, de part son contenu, même si les filtres anti-spam n'ont pas trouvé de signature flagrante lorsque vous avez testé votre campagne avant de l'envoyer. Lorsque suffisamment de gens ont pris la même décision, la mise à jour des filtres de contenu sera faite, et très bientôt de vos messages ne pourront plus atteindre votre cible.

Qu'est-ce que les filtres de contenu recherchent ?

Voici quelques unes des signatures de spam qui peuvent déclencher un blocage ou un filtrage :

  • Taille de la police plus petite que 8 pixels ou de plus de 14 pixels
  • L'utilisation répétitive de mots-clés (un peu de "gratuit" ne fera pas mal, 10 sera une catastrophe)
  • Les mots mal orthographiés
  • Les couleurs invisibles, comme écrire en blanc sur blanc
  • Utiliser des couleurs de fontes en gris clair ou en rouge
  • L'utilisation de mots-clés en lettres majuscules ( "GRATUIT", par exemple, mais les filtres peuvent aussi interpréter les codes de réduction qui sont généralement tout en majuscule et génèrent des mots mal orthographiés accidentellement)
  • L'utilisation de caractères Non-ASCII (non standard)
  • Les URL qui correspondent ou qui peuvent faire penser à du phishing (genre: paypal.monsite.com)
  • La présence de code JavaScript
  • La présence d'une pièce jointe
  • Les images intégrées dans l'email (encodé comme une pièce jointe)
  • Les formulaires sont à banir dans un email
  • Les sons
  • Les vidéos
  • Le Flash
  • Tout support nécessitant un client riche (Flash, Java etc.)

Même si un filtre de contenu peut ne pas considérer votre message comme un spam potentiel, l'oeil du lecteur le peut. Cela aura, à son tour, une incidence sur la façon dont les filtres traiteront vos messages dans le futur.

Par conséquent, il est primordial de s'intéresser au contenu et de bien comprendre ce qui est le déclencheur d'un rapport de spam, même si vous envoyez vos campagnes sur une base d'emails opt-in. Utilisez cette liste pour vous aider à réduire les chances que votre prochain message soit marqué comme spam :

  • Ne laissez aucun doute une fois arrivé dans la boîte de réception. C'est votre premier point de contrôle inévitable. Il permet immédiatement à votre lecteur de prendre la décision de classer rapidement votre email en spam ou non, et le prépare d'emblée à ce qui se trouve dans le message. Vous avez alors deux possibilités :
  • Identifier clairement l'expéditeur (ou le "from") par votre marque (nom de société, de site ou de service), pour lui permettre d'identifier clairement qui lui envoi cet email. Ne jamais utiliser le nom d'une personne si elle ne fait pas partie de la marque ou du nom de l'entreprise.
  • Utilisez un sujet clair qui résume avec précision le thème du message. Pas de vagues promesses ou de conseils sur le contenu ici.
  • Testez vos emails sur vos propres outils de filtrage d'email. C'est vrai, je viens juste de dire que les filtres de contenus ne sont pas toujours capable de prendre en compte ce que l'esprit humain est capable de filtrer ou d'interpréter comme un spam. Cependant, beaucoup d'entre eux sont basés sur ce que d'autres utilisateurs ont signalé comme spam, de sorte que la probabilité est élevée qu'un contrôle simple via un filtre puisse permettre de mettre en avant des éléments qui doivent être corrigés.
  • Si vous en avez la possibilité utilisez un service de suivi de livraison. Des sites spécialisés comme Litmusapp, EmailAdvisor, Return Path, et Pivotal Veracity proposent ce genre de service. Ils scannent le contenu avant l'envoi et peuvent prédire comment les fournisseurs d'accès vont traiter votre email.
  • Penser à l'apparence de votre message dans le volet de prévisualisation avec le blocage des images. Si vos lecteurs ne voient qu'une feuille blanche ou un tas de croix rouges là où les images doivent se trouver, ils vont plus probablement le trouver suspect et le marquer comme spam. Il est important que votre marque apparaisse clairement en mode texte autant qu'en image. Vous pouvez nommer les images au travers de la balise ALT, ces textes apparaîtrons à la place des images quand elles sont désactivées, mais les webmails ne les affichent pas toujours. Indiquez de toute façon le nom de votre marque dans la première ligne de texte, ou dans le cadre supérieur gauche du corps de votre message pour apparaître dans le mode prévisualisation.

L'email HTML n'est pas un travail d'amateur La qualité du contenu HTML est très importante dans la conception d'un email. Le code HTML d'un email est beaucoup plus délicat que celui d'une page HTML. L'utilisation de logiciels comme Dreamweaver n'est pas idéale pour la conception d'email. Ils ont généralement tendance à ajouter du code supplémentaire qui fait des ravages avec certains clients de messagerie. N'utilisez surtout pas Microsoft Word avec le menu "Enregistrer en tant que page Web", qui semble si simple mais qui, je peux vous l'assurer, va générer une abomination en terme de code HTML. Conclusion de quoi, il est préférable de faire le code de la partie HTML avec un éditeur de texte, en maitrisant parfaitement la syntaxe HTML et en se conformant strictement à la norme W3C.

Dans les choses importantes à connaître sur les techniques HTML pour la conception d'un email, il est important d'être prudent avec les tableaux, et dans la mesure du possible, il faut éviter d'utiliser les tableaux imbriqués. Certains clients de messagerie, comme Lotus Notes, en particulier, ne seront pas capables d'afficher un rendu correcte. Évitez aussi l'utilisation des images GIF de 1x1 pixel pour forcer la largeur de vos tableaux. Elles sont souvent utilisées dans les spams et peuvent donc engendrer facilement un blocage par les filtres de contenu.

Utilisez les images de fond avec prudence. Les images d'arrière plan pour les cellules d'un tableau sont en général acceptable mais n'apparaitrons pas avec des clients tels que Lotus Notes.

Pensez bien sur à appeler vos images avec des URL complètes et non des liens absolus. Les erreurs fréquentes sont les appels du type src="images/mon_image.gif" ou src="C:/Mes Documents/Images/mon image.gif". Il est naturellement inconcevable d'avoir ce genre d'appel dans un email. Vos tests en local pourront peut-être être fructueux, et encore uniquement sur votre ordinateur. Mais en aucun cas depuis un webmail. Le format a utiliser doit toujours être du type src="http://www.monsite.com/images/mon_image.gif".

Bannissez les CSS (feuille de style). Les CSS sur un site web permettent de simplifier le processus de développement et d'assurer une cohérence du style. Dans un email HTML ils peuvent engendrer des rendus incorrectes sur certains webmails, ou être purement effacés ou remplacés. Ce qui engendrera des rendus loufoques, mais surtout très négatifs pour votre lecteur.

Essayez toujours dans la mesure du possible de produire un rendu HTML de 500 à 650 pixels de large. Les messages plus larges obligent souvent les lecteurs à faire défiler horizontalement de manière à voir tout le message. Les messages qui sont trop larges sont problématiques, en particulier dans le volet de prévisualisation.

Valider le contenu HTML avec le service de validation du W3C. C'est gratuit !

Beaucoup de filtres anti-spam produisent un score basé sur le ratio qui existe entre le volume d'images et le volume de texte. Cette technique de blocage a été développée parce que les systemes d'analyse étaient jusque là uniquement basés sur le contenu du texte, les spammeurs ont donc commencé l'envoi de messages qui ne contenaient qu'une très grosse image. Lorsque vous créez votre email HTML, il est donc indispensable d'inclure du texte, qui sera en général votre communication principale. Ce texte sera d'ailleurs intégralement repris dans la version texte de votre email de façon à montrer une cohérence de communication entre les deux versions (HTML et texte). Certains filtres anti-spam semblent placer le ratio image / texte comme critères principal par rapport au filtre des mots-clés.

Testez, Testez, et testez à nouveau ! C'est la même vieille chanson: testez votre message plusieurs fois avant de l'envoyer. Testez vos messages dans les principaux webmails de vos clients (Lotus Notes et Outlook pour les entreprises; AOL, Hotmail, Yahoo!, Gmail et pour les consommateurs avec le blocage des images et le volet de prévisualisation activé). Testez sur les différentes plates-formes du marché - PC, Macintosh, Linux et les ordinateurs de poche (BlackBerry, iPhone etc.) - et dans les différents navigateurs, y compris Internet Explorer, Firefox, Chrome et Opera.